Architecture

Description architecturale

 

Le château de Blâmont présente la particularité d’avoir conservé un remarquable ensemble de vestiges datables de l’extrême fin du XIIème siècle (pour le donjon) au milieu du XIIIème siècle (pour les tours de flanquement et les courtines). Il subit très peu de modifications avant le XVIème siècle.

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La terrasse d’artillerie

La montée des dangers liés aux guerres de religions poussa le Duc Charles III à accroître les efforts de fortification. En 1607-1608, il fit élever une terrasse d’artillerie sur le flanc sud-ouest du château. Cet ouvrage bien conservé est maintenu par un mur épais de 1 mètre, haut de 6 à 7 mètres et flanqué aux angles par deux tours. Cette terrasse remplie de terre sur une partie de sa hauteur permettait d’amortir les chocs d’un boulet de canon (la terre répartit mieux l’onde de choc). Cette terrasse est donc un exemple des prémices des fortifications « à la Vauban ».

ARTILLERIE BOURG
Terrasse d’artillerie et le bourg

La tour Nord

Conservée sur une hauteur de 17 mètres, elle prend appui sur un ressaut de l’escarpement et vient doubler l’angle de la courtine. La base présente un talus d’une hauteur de 3 mètres. Le parement est réalisé en pierre de taille de moyen appareil (largeur de 20 à 50 cm et hauteur de 20 à 30 cm). Le mur épais de 2 mètres est percé de plusieurs ouvertures.
Au-dessus d’une base aveugle, le rez-de-chaussée présente une porte piétonne surmontée d’un linteau triangulaire monolithe (en une seule pierre) ouvrant sur l’extérieur qui donnait accès soit à un corps de logis, soit à une galerie de circulation appuyée contre le mur de courtine. Les trois étages reposaient sur des planchers dont les arrachements sont visibles. Chacun dispose de deux niches de tir avec archères à étrier triangulaire.

Tour Nord
Tour Nord

 

Tour Nord, terrasse Nord et Fossé
Terrasse Nord

La tour Sud-Est

Cette tour assure le flanquement de l’enceinte de la basse-cour du château située 5 mètres en contrebas de la terrasse castrale. De forme demi-circulaire, ouverte à la gorge elle est en saillie par rapport à la courtine. La base talutée sur 2 mètres et le parement soigneusement assisé apparentent cette tour aux précédentes.

L’enceinte urbaine

Elle prolongeait l’enceinte castrale qui enveloppait sur une longueur de 600 mètres le bourg construit à flanc de coteau. Les vestiges de la construction primitive se réduisent à un tronçon d’environ 30 mètres de parement identique à celui du château. En marchant dans Blâmont, nous pouvons voir la crapaudine de l’ancienne porte de la ville. C’est la pierre destinée à recevoir le gond de la porte et la herse. La marque du gond et l’encoche de la herse sont encore bien visibles sur celle-ci.

La terrasse de la chapelle

Entre le XIVème et le milieu du XVIème siècle un nouveau bâtiment fut édifié sur la terrasse chapelle, au pied de la tour d’escalier. Des traces d’arrachement de poutre sont visibles et confirment cette théorie. Une baie géminée à arc brisé de style gothique percée dans la courtine étaye l’hypothèse de la construction d’une chapelle. Cependant, aucun élément architectural ou archéologique ne confirme de manière définitive cette hypothèse.
Mais peut-être est-ce simplement une construction du XIXème siècle, lorsque les De Turckheim aménagent le château en ruines romantiques. En effet, ils construisent les terrasses romantiques au Nord-Ouest, ils comblent de gravats la tour Sud pour la transformer en belvédère, ils comblent la cave de gravats ainsi que les terrasses Nord. Il est donc probable que ces fenêtres proviennent d’une abbaye environnante comme celle de Haute-Seille.

Tour Sud Est, enceinte urbaine et terrasse de la chapelle
Tour Sud Est, enceinte urbaine et terrasse de la chapelle

La tour Sud

Cette puissante tour de plan demi-circulaire présente les mêmes caractéristiques que la précédente. La tour offre une hauteur de 12 mètres et sa base est talutée sur 4,50 mètres. Construite sur un plan en fer à cheval, elle fait face à la ville et est conservée sur la moitié de son élévation. Au rez-de-chaussée, deux archères à étrier assurent un flanquement latéral et confirment l’absence de bâtiments accolés à la courtine à l’origine. Côté cour, une porte piétonne surmontée d’un linteau monolithe arrondi constitue le seul accès à la tour. Les différents chantiers de restauration ont permis de dégager deux portes percées tardivement : une première (à l’est) à un demi niveau au-dessus du rez-de-chaussée et une seconde (au sud) visible sur la partie sommitale actuelle.

tour sud
Tour Sud


Le donjon

Daté de la fin du XIIème siècle, le donjon, placé en barrage, fut édifié pour commander le fossé et le plateau à l’est. De plan carré (10X10m), il a conservé une élévation de 15 mètres (à l’origine 17 mètres), malgré l’effondrement du mur sud-ouest (il comble l’intérieur du donjon sur plus de 7 mètres) au XIXème siècle. Les angles sont arrondis, (seulement 5 donjons en France offrent cette particularité) leur utilité esthétique ou technique reste à démontrer.
Le donjon comporte au moins trois niveaux : le rez-de-chaussée aveugle, sans doute un cellier, puis deux niveaux d’habitation éclairés chacun par deux petites fenêtres. L’entrée du bâtiment se situe au second étage, on y accédait sans doute par une échelle. Chaque étage correspond à une pièce unique où la fonction d’habitation se conjugue avec la fonction de défense passive. Ces caractères architecturaux conduisent à dater cette phase de construction de la dernière décennie du XIIème siècle ou des années 1200 par comparaison avec les châteaux (Château de Courcelles-lès-Gisors dans l’Oise et châteaux du Haut-Eguisheim) construits par les comtes de Dabo auxquels les Salm étaient apparentés. Dans une seconde phase de construction au XIIIème siècle, l’enceinte polygonale reçut une série d’adjonctions qui améliorèrent les flanquements d’angle et accrurent considérablement le périmètre fortifié.

Donjon
Donjon

 


 

La tour Sud-Ouest

Cette tour est dans un excellent état de conservation et présente quelques transformations de l’époque moderne. La hauteur actuelle est d’environ 16 mètres, mais la partie inférieure est masquée par une construction postérieure. Elle offre un diamètre de 7 mètres, une épaisseur de mur de 2 mètres et un parement soigneusement assisé. Comme dans la tour Nord, l’accès se faisait par une porte au linteau monolithe triangulaire. De même, la tour prend appui sur l’angle de la courtine mais une amélioration a été apportée. Les murs d’angle sont intégrés dans la tour ce qui ménage un espace habitable plus important.

La tour présente quatre étages : Le premier était éclairé par une fenêtre (dans l’angle est) contre la courtine, à l’abri des tirs tandis qu’une niche de tir avec archère à étrier en fer à cheval battait le côté ouest ; le second conserve ses trois archères à rame et à étrier en fer à cheval tirant au nord, à l’ouest et à l’est ; enfin, le dernier correspondait à la plate-forme sommitale qui a conservé son système de défense primitif constitué de créneaux et de merlons.

Au XVIème siècle, le rez-de-chaussée de cette tour reçut une nouvelle fenêtre avec encadrement en pierre de grès bigarré. Au premier étage on perça une fenêtre de même style et installa une voûte sur croisée d’ogives avec une clé de voûte décorée de motifs végétaux (clé de voûte ayant inspiré le nom et le logo de l’association). La tour fut rehaussée de 4,50 mètres et couronnée d’un toit en poivrière. Ce rehaussement a permis de fossiliser les créneaux et merlons toujours visibles aujourd’hui. L’ancienne terrasse devint donc une pièce borgne accessible par une nouvelle porte à encadrement en grès rouge. Un escalier hélicoïdal maçonné prend appui contre le mur, il permet d’accéder au dernier étage sur plancher qui conserve deux ouvertures de tir.

Tour sud ouest
Tour sud ouest

 


 

La tour d’escalier

De plan demi-circulaire (6 mètres de diamètre) cette tour abritait un escalier dont les empreintes de certaines marches sont encore visibles. Elle ouvrait sur la cour par une porte aujourd’hui délabrée. L’escalier permettait d’accéder au sommet de la tour et certainement au chemin de ronde à l’entrée du donjon. Le parement offre la même régularité que celui des autres tours.

La courtine Sud

Elle est située entre la tour d’escalier et le donjon et témoigne non seulement du lieu de vie qu’était le château, mais aussi de l’adaptation de celui-ci aux nouvelles techniques militaires.
Au XVIème siècle, avec l’arrivée de l’artillerie, le mur a été doublé pour mieux résister à une attaque. En effet, un mur fin et droit tel qu’il était construit au XIIIème siècle, s’effondre facilement lorsque l’on s’attaque à sa base. La courtine doublée offre donc une meilleure résistance à l’artillerie.
Trois éléments architecturaux méritent également d’être signalés : le four dirigé volontairement dans la largeur du mur et non dans la profondeur (lorsque la pierre chauffe longtemps, à forte température et de manière répétée, elle est fragilisée. Si cette chaleur se diffuse dans la profondeur du mur, celui-ci est également fragilisé et peut être plus facilement détruit par l’artillerie) ; le vide-ordures médiéval, destiné à évacuer les eaux usées dans le fossé ; puis une sorte de niche dont la fonction n’est pas déterminée.

 

tour d'escalier courtine
La tour d’escalier et la courtine Sud

 


 

Les corps de logis

Les extensions à caractère résidentiel sont difficiles à dater en raison de leur disparition en élévation. Seule une fouille stratigraphique serait en mesure de fournir des précisions supplémentaires. Cependant, on peut situer la construction de ces bâtiments entre le XIVème siècle et le milieu du XVIème siècle. Des prospections électromagnétiques, effectuées en collaboration avec une équipe de l’université de Reims, ont permis de situer avec précision les vestiges enfouis.
Deux corps de logis furent édifiés dans la cour centrale pendant cette période. Un premier, accolé sur la courtine et sur la tour d’escalier, où l’on voit nettement la trace d’arrachement du plancher et de la charpente. Un second, accolé au donjon, divise la plate-forme castrale en deux.

Le palais Ducal

Le palais ducal
Le Palais Ducal

 



 



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